Rassurez-vous, je n’ai pas été piqué par un élan d’orgueil en choisissant le thème de cet article. Mais justement parce que dans la formation enVIE de sens  je vous accompagne à chercher votre identité, j’avais envie de m’arrêter sur le symbole du nom de famille.

Notre nom fait partie de ce que nous somme et fait de nous ce qui nous constitue.  Je vous partage ma réflexion, à un moment T, sur mon nom et sur ce qu’il représente aujourd’hui pour moi.

LE FALHER, la faucheuse en breton !

La famille, ce maillon dont vous faite tous partie que vous soyez un bon ou mauvais terme avec vos proches.

Un nom, de famille…

Le nom de famille, puise sa force dans ses racines, dans sa terre nourricière. Tout comme l’épi de blé il s’enrichit au fil des siècles par la richesse de vies des membres qui l’ont composé. Soufflant ainsi tel le vent, de générations en générations, la force des moissons passées, afin d’y apporter à chaque semence la possibilité d’une germination toujours plus ensoleillée.

Notre nom de famille se transmet.

Mon nom, LE FALHER, la faucheuse, va s’éteindre dans sa transmission identitaire.  Je suis le dernier épi le plus proche de ma généalogie. Je suis la dernière moisson. Mais cette mort ne sera que symbolique. La transmission perdurera, mais sous un autre nom.

La naissance,

Je vais faire un arrêt dans le temps pour vous emmenez avec moi, 40 ans en arrière, le 06 avril 1980. Ce jour où mes parents, Madame et Monsieur Le Falher, ont failli perdre leur fille, car ce petit épi de blé de 890g, encore trop vert, avait décidé qu’il était assez fort pour pouvoir être fauché et partir sur un autre cycle de vie. Mais, une moisson qui ne suit pas le rythme des saisons, une moisson qui se fait 3 mois trop tôt, ne permettra pas à l’épi d’amener à maturation les grains qu’il contient. Quelle impatience… déjà !

Ce dimanche de Pâques, j’ai vu le jour, j’ai vu la lumière de la vie, j’ai vu la mort… de près. De cette situation qui aurait pu être dramatique j’y ai pris des ancrages à cette terre qui commençait déjà à me nourrir de sa force. Une force… de vie !

Mon papa, Jean-Pierre LE FALHER, m’a transmis l’été 2018 le journal « OUEST France » de ma naissance. Au-dessus de la date du jour je voie écrit comme des lettres d’or les mots « Justice et Liberté ». Oui, deux mot qui régissent ma vie…

M’arrêtant sur cet instant, laissez-moi vous livrer le trésor que j’y ai trouvé, l’éditorial de ce jour. De ce jour où j’ai hérité de mon nom.

La titre : le passage

(Un mot au multiple signification, symbole, sens…)

« Après que, pendant des années, beaucoup d’hommes, généreux et idéalistes, ont cru que le progrès des sciences, celui des techniques élimineraient l’ignorance de la faim, les luttes fratricides, force est de constater que la haine poursuit son œuvre de corruption des esprits et des comportements, que les armes se perfectionnent et se répandent, que la guerre, en maints endroits, produit ses ravages, que la paix du monde est menacée.

La télévision répercute les images traumatisantes des drames jusqu’au cœur des foyers, le cinéma dévoile des morceaux d’apocalypse, mot à la mode ces temps-ci… Et l’on n’en peut plus de cette violence transmise immédiatement d’un bout à l’autre de la planète, tissant comme un réseau qui l’enserre et nous enferme dans notre angoisse. Et pourtant, voici que revient l’aube de Pâques, passage de la nuit au jour, passage de la mort à la vie, passage de l’esclavage à la liberté.

« Nous vivons aux confins de la désolation et de la joie, écrit le Roumain Petru Dumitriu, mais qui peut nier que la joie est présente et donc possible. Elle est même toute proche, d’autant plus proche qu’elle habite le cœur de chacun, prête à éclore et même à exploser ».

Pourtant, on ne la voit pas toujours, car elle est humble et discrète, mais elle est puissante aussi, elle peut soulever des montagnes, transformer les rapports entre les hommes, mettre un sourire sur un visage. C’est peut-être pour cela que la violence a besoin de tout son tintamarre pour la cacher, l’étouffer, la faire taire. C’est aussi pour cela que nous devons être attentifs à la découvrir, pleins de soin pour la faire naître, ardents à la répandre.

Pâques, c’est la joie retrouvée un matin, c’est l’espérance renouvelée qui plane sur la peur et la peine des hommes, telle une main qui les apaise, les rassure et les relève. Ils font alors un pas nouveau dans l’univers. »

Quand mes yeux ont découvert chacun des mots posés par François Régis HUTIN, le jour de ma naissance, chaque phrase, chaque mot, ont fait échos à une partie de mon âme. Comme si ce texte était exactement ce que je suis au plus profond de moi en tant qu’être.

Ce texte est mot pour mot ce qui m’habite, ce qui me consume, ce qui m’amène chaque jour à travailler sur des projets orientés vers l’humanité. Un travail, une réflexion incessante, permanente, épuisante, mais qui constitue ma source de vie.

Pour m’accompagner dans la construction de cet édifice, en recherche de ma vérité, je suis bien outillée, moi Le Falher, la faucheuse !

La faux,

La vie m’avait dès ma naissance munie d’un outil  : une faux !

Une faux ? Vous m’en direz tant !

Pourquoi suis-je née ce jour-là, jour de Pâques, jour de passage ?

Pourquoi suis-je née sous ce nom, Le Falher ? La faucheuse !

Cette faux, ma faux, pourrait faire peur, pourrait me faire peur, car elle symbolise la mort.

Mais il n’en est rien.

Cette faux, ma faux, égalise toutes choses vivantes. Je l’utilise, petit à petit, en faisant chaque jour ma part. Je l’utilise, comme un outil utopiste, qui permettrait à chaque être humain sur terre de pouvoir jouir un jour des mêmes droits fondamentaux. De pouvoir bénéficier des mêmes biens communs.

Et si sans le savoir jusqu’à aujourd’hui, les différents chemins de vie que j’ai empruntés étaient guidée par le travail de ma faux, par mon travail de faucheuse. D’une faucheuse née trop tôt, sous une ligne éditoriale profondément humaniste.

Cette lame, peut représenter la mort, mais elle n’a pas que cette fonction que l’on pourrait lui attribuer au prime abord. Cette fonction de trancher la vie.

Non, même elle est l’outil permettant le commencement d’un nouveau cycle de vie. Un coup de faux pour permettre un pas de côté, la fin d’un chemin, le début d’un autre, une transformation, … mourir pour renaitre plus fort et mieux outillé.

Cette lame, ma lame, est depuis toujours mon outil de travail et je n’en avais pas conscience.

Cette lame, ma lame, qui s’aiguise au gré du temps et de l’ardeur que je mets au travail.

Cette lame, ma lame, qui me permet de transiter entre ce que je suis et ce que je veux devenir. Tournant une page pour en écrire une nouvelle riche des moissons passées. Un passage.

La faux, est l’outil utilisé à la fin d’un cycle. La fin d’un des cycles de vie du blé.

L’épi de blé, signe de notre volonté à travailler la terre, pour prendre de la hauteur, tel l’épi de blé. Arriver à maturation, fort d’avoir résisté aux vents et marrées. Base de la fécondité par les nombreuses graines qu’il contient et qui se rependent. La germination est signe de vie. Elle luttera contre les intempéries, contre l’adversité pour arriver à maturation. Cet épi de blé nourricier, qui pousse vers le ciel.

Vous rappelez vous les deux mots inscrit au-dessus de ma date naissance sur ce journal ?

Liberté et Justice.

Puisque rien n’arrive par hasard, je pense là à mon grand-père.

Jean LE FALHER.

Jean, toi le Faucheur.

Jean, toi mon papi.

Toi, cet homme que j’ai tant aimé.

Toi, qui a été fait prisonnier en Allemagne durant la seconde guerre mondiale.

Toi, qui durant cette période troublée, t’es fait tatouer, par un de tes compagnons de cellule, sur le haut du bras gauche, une colombe… la colombe de la liberté.

Toi, qui par ses bras m’enveloppant et me protégeant durant ma petite enfance, m’imprégnais déjà de ce sentiment vital. Ce désir profond de justice et de liberté.

La liberté, l’égalité, la fraternité, ces mots tel l’épi de blé que mon grand-père a fauché. Que nous les faucheurs, nous coupons le temps venu.

La liberté, l’égalité, la fraternité, ces mots qui tel l’épi de blé, par notre travail, essaime les graines qu’il contient, telle une promesse d’avenir.

Les graines, qui par le vent, transmettent au-delà de nos frontières, par la joie que nous avons dans nos cœurs, cette promesse d’avenir, d’un monde meilleur et d’un amour partagé.

A vous, papi, papa, les deux grands faucheurs, les deux grands hommes de ma vie, merci.

Et vous, que vous inspire la symbolique, l’histoire cachée derrière votre nom de famille ?

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