Arnaud c’est

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Traversées de la Manche à la nage sans combinaison
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Continents reliés à la nage en 100 jours avec Philippe Croizon
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Ascension du Kilimandjaro en joëllette avec Yann Jondot

Pour y répondre je vais vous transmettre d’où je viens.

Vous partager et vous raconter une expérience, que j’ai vécu comme un chemin initiatique lors de la préparation de ma première traversée de la Manche à la nage en solitaire (sans combinaison, ni palmes) en 2008.

Nous sommes le 14 mai 2008.

Aujourd’hui, j’ai le sentiment que la mer se refuse à moi. Pourtant, tout est normal, juste une petite bruine, une coulée de brouillard et des vagues un peu plus chicaneuses que d’habitude. Le voile brumeux crée une atmosphère magique, et nager dans ces conditions devrait me procurer une intense sensation de liberté. Or il n’en est rien.

J’ai envie de remettre mon entrainement à plus tard. Je me persuade cependant d’insister. Je dois contenir mon angoisse et m’acclimater à des conditions de nage difficiles, car la grande épreuve est pour bientôt. Concentré sur l’impulsion de mes bras, je mets plus de force que de technique. Je brasse l’eau mais ne la fends pas. Mes battements de jambes sont saccadés. Où sont passés mes mouvements qui me semblaient si naturels ? Les vagues me submergent et, surtout, je n’avance pas.

Soudain, je suis pris d’une sorte de vertige, les sons deviennent sourds, mon corps se met à peser, mes membres s’engourdissent, mes battements de cœur s’accélèrent. Une barre de froid me traverse le front et se diffuse dans mon corps. L’eau qui d’habitude me procure tant de bien-être est devenue une menace.
Mes sinus baignent dans le sel, ma gorge me brûle. Une analyse rapide de la situation déclenche en moi la peur fulgurante de l’étouffement. Je suis trop loin du rivage pour tenter de faire demi-tour, mais j’aperçois une bouée de chenal à quelques dizaines de mètres.

Elle est ma chance. Je dois impérativement la rejoindre, la tête hors de l’eau car je ne contrôle plus ma respiration.

Je ressens la puissance de la mer. Les vagues, plus fortes que tout à l’heure, me malmènent. Je me concentre sur mon souffle. Je me parle.

C’est d’ailleurs incroyable comme il est efficace de se convaincre soi-même : « Tu y arrives, respire profondément, tu y es presque… ». J’y suis presque !

Enfin, je m’agrippe à la bouée et prends aussitôt mon pouls. Je suis encore lucide mais je sens qu’un malaise pourrait m’anéantir à tout instant.
Entre deux vagues, j’aperçois sur la plage des gens qui montrent de signes d’inquiétude en me voyant agrippé au flotteur. Je lève la main mais j’hésite à lâcher la bouée ; il me faut pourtant repartir, si je tarde trop l’hypothermie pourrait être fatale. Je dois me ressaisir. Alors, la raison occultée par l’instinct de survie, je m’élance. Je donne tout pour rejoindre la rive.

Lorsque je sors de l’eau, mon corps est violacé, je suis transi de froid. Je m’enroule dans mon peignoir de bain et prend une tasse de thé chaud. Mon sang se remet à circuler. Cela ne m’empêche pas de claquer des dents et de ne plus sentir mes extrémités.

C’est à ce moment qu’une question m’a assaillie :

Suis-je à la hauteur de mon défi ?

Le doute

Pour la première fois, je me suis mis à douter de mes capacités.

Pareille défaillance dans la Manche n’aurait pas été envisageable et l’abandon forcé ! Face à cette difficulté, face à ma peur je me retrouvais enclin de toutes les questions que l’extérieur gangréné par leurs propres peurs me renvoyait depuis l’annonce de mon défi. En effet, Avoir une détermination infaillible est une chose, mais mon corps tiendra-t-il la distance ?

Ce jour-là, à quelques semaines de l’échéance, j’ai compris que ma volonté obstinée de traverser la Manche était une façon inconsciente de transposer, à mon échelle, le combat de la vie, contre la part obscure des choses. Le combat de ma vie contre la brutalité du monde. Il fallait ainsi que je passe au-dessus de mes peurs conscientes et inconscientes et de celles des autres, pour cheminer vers ma raison d’être et suivre mes rêves.

Ma raison d’être

L’apprentissage que m’a offert la préparation de ma première traversée de la Manche m’a ensuite conduit sur la réalisation de projets en lien avec qui je suis vraiment. Depuis je ne cesse d’agir en lien avec mes valeurs.

Les expéditions

Je crois qu’il est indispensable de tisser de vrais liens avec la nature, car nous y sommes liés. Quand elle est harmonieuse, la nature apporte à l’homme un sentiment d’équilibre physique et émotionnelle.

Asseyez-vous près d’un grand chêne, respirez, regardez un paysage de montagne. Promenez-vous au bord de la mer et laissez-vous envahir par ce bonheur que nous offre la Terre.

La peur de la nature nous renvoie souvent aux peurs liées à notre propre nature, c’est-à-dire à ce qu’il y a de vivant en nous : nos émotions, nos pensées…
Pour dépasser cela, il faut une sensibilité vive et prendre notamment conscience que nous formons un tout avec l’ensemble du vivant.

Je souhaite vivre ma vie sans la subir, en trouvant l’équilibre à force d’efforts, parfois de sacrifices. Mais me sentir sain et libre, me procure un bonheur intense. Je dois pour cela laisser de côté les facilités innombrables que pourrait m’apporter la société. Des excuses qui pourraient si je les écoutais me faire oublier combien j’ai de la chance d’avoir mes sens en éveil.

Chacun à son rythme, comme un apprenti obtenant son examen avec succès, il nous faut aller plus loin.

J’ai appris par mes différents défis sportifs et expéditions qu’il faut du temps pour prendre conscience de son potentiel physique et mental.

Que c’est en cherchant à nous connaitre au plus profond de nous-même, que nos vies prennent du sens.

La formation enVie de Sens
Les conférences
Mon livre “A contre courant”
  • Membre de la Société des Explorateurs Français
  • Chevalier dans l’Ordre National du Mérite
  • Médaille d’or de la jeunesse, des sports et de l’engagement associatif

Trek Handi’Cap sur l’Amazonie

Aux côtés de Yann Jondot, élu paraplégique et ambassadeur national à l’accessibilité, nous emprunterons les voies fluviales en pirogue pour rencontrer des habitants de villages difficilement accessibles.

Swim the World

Nous avons décidé de réitérer l’aventure “Nager au delà des frontières” qu’Arnaud avait réalisé en 2012 avec Philippe Croizon. Nous embarquerons cette fois dans l’aventure 5 jeunes nageurs en situation de handicap.

La Manche : le two way

Après l’avoir traversé en solo en 2008 et 2019, en relais en 2018 et 2020, Arnaud s’élancera pour un aller-retour en juillet 2022 !

Ils témoignent de leur expérience avec Arnaud

Merci pour ce moment de partage d’expériences très enrichissant. Au delà des performances physiques extra ordinaires (presque reléguées au second plan), vous véhiculez de très belles valeurs humaines qu’il est important de cultiver.

Nicolas Rouiller

Je suis un grand fan d’Arnaud Chassery et de la Société des Explorateurs Français. Félicitations pour tout ce qu’il a fait. Je suis vraiment impressionné et je vais suivre ses prochaines aventures.

Thomas Pesquet